Ouvrez le BERA de votre massif la veille, après 16 h, sur le site ou l’application de Météo-France. Relevez l’indice de 1 à 5, l’altitude où il change et les orientations en noir sur la rose des pentes. Si votre itinéraire traverse ou longe une pente de plus de 30° dont l’orientation est en noir, changez de parcours : dès l’indice 3, le passage d’un seul raquettiste peut suffire à déclencher une avalanche.
Chaque bulletin porte en tête la mention « valable hors pistes balisées et ouvertes ». Un sentier enneigé situé hors du domaine skiable en relève donc, à skis comme en raquettes. Le raquettiste y figure même en toutes lettres : l’échelle européenne de danger d’avalanche le cite comme exemple de surcharge faible, au même titre qu’un skieur isolé qui ne chute pas.
Sommaire
Météo-France rédige un bulletin par massif, 36 en tout pour les Alpes, les Pyrénées avec l’Andorre et la Corse, selon son descriptif technique du 26 octobre 2023. Les Vosges, le Jura et le Massif central n’en ont pas : la FFRandonnée rappelle que le BERA couvre les massifs des Alpes, des Pyrénées et de la Corse.
Le bulletin paraît chaque jour vers 16 h, de début novembre à fin mai ou début juin selon les saisons : le descriptif de Météo-France de 2023 arrêtait la diffusion à fin mai, la FFRandonnée la prolonge « au minimum » jusqu’à début juin. Le bulletin rédigé un soir vaut en général jusqu’au lendemain 18 h : pour une sortie à la journée, lisez celui de la veille au soir.
BERA : bulletin d’estimation du risque d’avalanche. Il a été mis en place après l’avalanche de Val d’Isère de 1970, qui a coûté la vie à 39 personnes, selon la préfecture de la Savoie. L’ANENA rappelle qu’il estime le risque à l’échelle d’un massif entier : la lecture de votre pente reste à faire sur place.
Le bulletin est gratuit et se consulte à quatre endroits :
Notez le nom exact du massif de votre point de départ. Belledonne et la Chartreuse, voisins au-dessus de Grenoble, ont chacun leur bulletin.
L’indice du bulletin suit l’échelle européenne de danger d’avalanche, publiée par le groupement des services de prévision européens, l’EAWS. Chaque niveau y est décrit par la stabilité du manteau neigeux et par la probabilité de déclenchement. Pour cette probabilité, l’échelle distingue deux poids posés sur la neige.
Surcharge faible : un skieur ou un surfeur isolé qui évolue en douceur sans chuter, un raquettiste, ou un groupe dont les membres gardent au moins 10 m entre eux.
Surcharge forte : plusieurs skieurs ou surfeurs sans distance entre eux, une dameuse ou un tir d’explosif.
Pente raide : plus de 30° environ. Le terrain raide extrême dépasse 40° environ, avec des facteurs aggravants.
Un groupe de raquettistes qui marche serré passe ainsi d’une catégorie à l’autre. Dans une pente raide, écartez-vous d’au moins 10 m : le groupe redevient une surcharge faible. L’écart compte surtout aux indices 1 et 2, où l’échelle réserve les déclenchements, en général, à la forte surcharge.
| Indice | Déclenchement selon l’échelle européenne | Pour une sortie en raquettes |
|---|---|---|
| 1, faible | En général par forte surcharge seulement, en endroits isolés de terrain raide extrême | Aucune pente de plus de 30° dont l’orientation est en noir, 10 m d’écart dans les autres pentes raides |
| 2, limité | Possible surtout par forte surcharge, dans quelques pentes raides décrites par le bulletin | Même règle qu’à l’indice 1 |
| 3, marqué | Possible parfois même par faible surcharge, dans de nombreuses pentes raides | Tout le parcours sous 30°, pied des pentes raides compris ; sortie annulée si couche fragile persistante |
| 4, fort | Probable même par faible surcharge, dans de nombreuses pentes raides | Sortie annulée pour un débutant |
| 5, très fort | Nombreux départs spontanés de très grandes avalanches, même en terrain peu raide | Sortie annulée |
Selon l’échelle européenne, à l’indice 3 le manteau neigeux n’est que modérément à faiblement stabilisé dans de nombreuses pentes raides, et un déclenchement y est possible parfois même par faible surcharge, c’est-à-dire par un raquettiste seul. Le mot « marqué » désigne donc un niveau élevé pour un randonneur.
Le bulletin affiche un seul chiffre pour deux risques : celui des départs spontanés, qui partent sans intervention humaine, et celui des déclenchements provoqués par un passage. La préfecture de la Savoie l’écrit ainsi : le chiffre « correspond au plus élevé des indices de risque entre avalanches spontanées et déclenchées ».
Les deux échelles n’ont pas la même hauteur. Le risque de départs spontanés monte jusqu’à 5, celui des déclenchements plafonne à 4. La préfecture en tire une lecture simple : pour les départs déclenchés, un indice 3 « correspond déjà à 75 % de l’échelle ».
Vous le croiserez souvent. Dans l’arc alpin, plus de 80 % des indices prévus se situent aux niveaux 2 et 3, d’après l’étude de Franck Techel et de ses coauteurs publiée en 2018, résumée par Pascal Hagenmuller du Centre d’études de la neige de Météo-France.
Sous l’intitulé « Estimation des risques », le bulletin peut donner deux indices séparés par une altitude limite. Dans le bulletin du massif du Mont-Blanc rédigé le 27 décembre 2023 à 16 h, l’indice valait 2 au-dessus de 2 000 m et 1 en dessous. À côté, une rose à huit orientations colore en noir les versants les plus dangereux et laisse les autres en gris.
Croisez ces deux informations avec votre itinéraire, dans cet ordre :
Tenez-vous aussi à l’écart du pied des pentes raides en noir. L’EAWS demande de faire attention aux zones de départ, de propagation et de dépôt des avalanches : un sentier de fond de vallon reste exposé quand il longe le bas d’un versant en noir.
Dans la rubrique « Stabilité du manteau neigeux », Météo-France nomme une situation avalancheuse typique principale, et parfois une seconde, selon son descriptif technique de 2023. Chacune renvoie à un type de terrain et à des signes que vous pouvez observer en marchant.
Situation avalancheuse typique : l’un des cinq schémas définis par l’EAWS pour décrire l’origine de l’instabilité du manteau neigeux un jour donné. Quand aucune ne domine, l’EAWS prévoit la mention « aucune situation avalancheuse typique prédominante », qui ne signifie pas que les conditions sont sûres.
| Situation | Où la craindre | Signes à repérer | Geste |
|---|---|---|---|
| Neige fraîche | Partout, toutes orientations | Quantité de neige récente, avalanches récentes | Attendre que les couches récentes se stabilisent |
| Neige ventée | Sous le vent, dans les creux, près des ruptures de pente et derrière les crêtes, le plus souvent hors forêt | Accumulations de neige, craquements, bruits sourds appelés « whoumpfs » | Éviter les zones d’accumulation en terrain raide |
| Couche fragile persistante | Toutes orientations, surtout les versants ombragés et abrités du vent | Peu de signes, whoumpfs possibles mais pas systématiques | Éviter les grandes pentes raides et les zones où la neige est mince |
| Neige humide | Versants ensoleillés quand le soleil en est la cause, toutes orientations quand c’est la pluie | Pluie, petites coulées humides, pied qui s’enfonce profondément | Partir tôt, après une nuit claire qui a fait regeler la neige |
| Avalanches de fond | Sols lisses, herbe ou dalles rocheuses, plus souvent en versant sud | Fissures ouvertes dans le manteau neigeux | S’éloigner des fissures ; les départs peuvent survenir à toute heure, souvent en deuxième partie de journée au printemps |
Une couche fragile persistante annoncée appelle la plus grande prudence. L’EAWS la décrit comme particulièrement difficile à détecter et comme « une cause majeure de décès accidentels par avalanche ». Une rupture peut s’y propager sur de grandes distances et déclencher une pente à distance.
Le bulletin détaille ensuite le risque et les conditions du jour. Pour un raquettiste, ces rubriques servent à vérifier le choix d’itinéraire et le créneau horaire.
En fin de document, un tableau résume les sept derniers jours : vent, neige fraîche, enneigement et indice de risque. Consultez-le si vous revenez sur un itinéraire déjà parcouru, pour savoir ce qui est tombé depuis.
L’ANENA présente le bulletin comme un outil d’aide à la décision, à interpréter selon l’expérience de chacun. Un pratiquant peu expérimenté peut annuler sa sortie ; un pratiquant aguerri peut la maintenir sur un itinéraire plus adapté. Pour une première saison en raquettes, appliquez la règle prudente :
La préfecture de la Savoie conseille de ne pas partir seul et de préférer une sortie encadrée par un professionnel. Elle recommande le triptyque DVA, sonde et pelle, avec une formation à son usage, et rappelle que ce matériel « n’est pas une assurance-vie ».
DVA : détecteur de victimes d’avalanche, l’appareil qui permet de localiser une personne ensevelie qui en porte un.
L’itinéraire arrêté, préparez la tenue et le sac avec la page sur l’équipement essentiel pour randonner en hiver. Au-dessus de la forêt, le froid et le vent se gèrent comme en altitude : voyez comment s’habiller pour une randonnée en haute montagne et le choix entre gants et moufles. L’ensemble du matériel figure dans le guide complet de l’équipement de randonnée.
C’est le bulletin d’estimation du risque d’avalanche, publié par Météo-France pour chaque massif des Alpes, des Pyrénées et de la Corse. Il donne un indice de 1 à 5 sur l’échelle européenne, les altitudes et les orientations les plus dangereuses, la situation avalancheuse typique et un aperçu météo. Il vaut hors des pistes balisées et ouvertes.
Sur le site de Météo-France, rubrique Météo montagne, dans les applications Météo-France et Météo-France Ski et Neige, et sur les panneaux d’affichage des stations. La consultation est gratuite. Lisez le bulletin du massif de votre point de départ, publié vers 16 h la veille de la sortie.
Vers 16 h chaque jour, selon le descriptif technique de Météo-France. Le bulletin vaut en général jusqu’au lendemain 18 h, ce qui couvre une sortie à la journée. Il paraît de début novembre à fin mai ou début juin selon les saisons.
L’indice 3, « marqué », signifie que le manteau neigeux n’est que modérément à faiblement stabilisé dans de nombreuses pentes raides. Un déclenchement y est possible parfois même par faible surcharge, comme le passage d’un raquettiste seul. Pour les déclenchements provoqués, il correspond à 75 % de l’échelle, selon la préfecture de la Savoie.
Seulement sur un itinéraire qui reste entièrement sous 30° de pente, pied des pentes raides compris, et pas quand le bulletin annonce une couche fragile persistante. À ce niveau, l’échelle européenne envisage des déclenchements par un seul raquettiste dans de nombreuses pentes raides. Pour un débutant, la préfecture de la Savoie conseille une sortie encadrée par un professionnel.
Un départ spontané se produit sans intervention humaine. Un déclenchement provoqué suit le passage d’une personne ou d’un engin. Le risque de départs spontanés monte jusqu’à 5, celui des déclenchements plafonne à 4, et le bulletin affiche le plus élevé des deux.
Institutions françaises, pages ouvertes le 21 octobre 2026 :
Services européens de prévision des avalanches :
Cartographie :
Crédits photo : © Grégoire Fauquenoi (vallon enneigé, versants raides, chemin en forêt) ; © Focus Outdoor (randonneurs face aux falaises) ; schéma de la rose des pentes : Altitoo.
Page mise à jour le 22 octobre 2026.